Sororité, nom féminin

Sororité, nom féminin

Lors de la réunion mensuelle de janvier, nous vous avons proposé une réflexion sur la notion de sororité. Évident pour certaines, complètement nouveau pour d’autres, je vous propose aujourd’hui de revenir sur ce sujet qu’est “La sororité”.

L’animation de l’atelier s’est concentrée autour de la thématique “Sororité et Leadership”. En écoutant les 11 premières minutes du podcast de Jeanny Chammas (coach et créatrice du podcast “Femme Ambitieuse”), nous avons pu réfléchir collectivement autour de plusieurs questions connexes. Tu retrouveras l’épisode concerné ici

La sororité : C’est quoi ?

Quand on entend parler de sororité, deux options s’offrent à nous : soit on pense à une comédie américaine mettant en scène des dortoirs universitaires aux doux noms de lettres grecques soit à un concept féministe. Bien évidemment, nous allons nous attarder sur la seconde option.

La sororité est une forme de solidarité, d’entraide, de soutien entre femmes. Encore une manœuvre tordue pour inventer un nouveau mot alors que “fraternité” fait déjà bien l’affaire ? Pas forcément. La sororité fait écho aux difficultés auxquelles font face les femmes dans leur quotidien. Il s’agit d’une réaction à un besoin : plafond de verre, sexisme ordinaire, mansplaning, manspreading, manterrupting, sexisme tout court, charge mentale sont autant de sujets spécifiques qui sont de plus en plus connus parmi les femmes qui le vivent au quotidien. Ces éléments peuvent être source de frustration ou de découragement, alors pouvoir se sentir écoutée sur des tranches de vies similaires à ce que vivent d’autres femmes, cela peut au minimum faire du bien. Que cela soit par petite touches ou via un support quotidien, la sororité peut aider à évoluer de façon plus sereine dans notre écosystème.

On peut dire que la sororité est bien un pendant à la fraternité. Cependant, elle se pare d’une intention pour être moins universelle et plus ciblée sur des préoccupations de “soeurs”.

Pourquoi on en parle en ce moment ?

Au fil des ans, les combats féministes avancent (Parce que oui, il y a plus que “juste” l’écart de salaire dans la balance en tant que préoccupation) et on prend conscience de plus en plus d’éléments de notre quotidien qui sont en notre défaveur. On observe une augmentation du nombre de femmes qui accèdent à des postes clefs (Youpi !) et font preuve de leadership. Seulement, pour évoluer dans un monde façonné à l’image des hommes, il faut souvent montrer des capacités ou des traits de personnalités dits “masculins” pour se faire accepter. On peut citer parmi ces qualités valorisées chez les hommes le fait d’être ambitieux, fonceur ou encore leader. Il faut montrer patte blanche sur nos capacités, notre motivation, notre dévouement en tant que femme à assumer les mêmes responsabilités. Cela peut se faire au détriment de l’ouverture aux autres et à l’entraide.

La femme serait vraiment l’égale de l’homme le jour où, à un poste important, on désignerait une femme incompétente.” François Giroud, Le Monde daté du 11 mars 1983

Les hommes, eux, n’ont pas attendu pour s’organiser en club, se coopter et se conseiller. Je parle ici d’homme en tant que groupe et non en tant qu’individus. En réponse à cela, mais aussi au contexte sociétal dans lequel nous évoluons, de plus en plus de réseaux non-mixtes se créent pour pouvoir échanger sur des thématiques spécifiques qui ont besoin d’être abordées en petit comité. Les difficultés rencontrées par une minorité de la population (seulement 51% 😉 ) ne sont pas encore un sujet de discussion banal à la machine à café. Il y a encore beaucoup de sujets tabous ou au mieux délicats. Cependant, ce n’est pas parce qu’on n’en parle pas ouvertement qu’ils n’existent pas.

La sororité sur tous les fronts !

L’expérience de la sororité peut se vivre autant dans le milieu professionnel que personnel. Cette bienveillance ciblée se retrouve dans de nombreux espaces tels que la sphère politique, la création d’associations / applications pour se serrer les coudes entre femmes. Au quotidien, elle peut aussi s’exprimer de manière très diverses.

Quelques exemples de l’expression de la sororité :

  • Complimenter une paire sur son travail
  • Faire preuve d’écoute et d’empathie sur des difficultés rencontrées
  • Soutenir moralement ou émotionnellement s’il y a besoin
  • Parler ouvertement de sujets sensibles

Comme vous pouvez le voir, il s’agit d’actions presque banales mais qui permettent de se sentir épaulée face à ce monde dont on sent parfois qu’il ne veut pas de nous. Faire front commun pour pouvoir éviter de subir du harcèlement de rue ou relever une injustice de la vie quotidienne concernant une “soeur”, c’est appliquer la sororité dans la vie de tous les jours. Nous sommes conscientes de plus de discriminations et pouvons donc plus facilement les faire remarquer à notre entourage. Il est important de rappeler que tous les éléments néfastes qui peuvent nous affecter prennent un coefficient multiplicateur combo-de-la-mort-qui-tue dès lors qu’on est également racisée, non valide, non-hétérosexuelle, et cetera. Ce fameux soutien peut alors être encore plus important.

Si vous vous êtes dit “Oui, bah, des choses normales quoi” : je suis fière de vous.

La sororité, c’est exclure les hommes ?

Non, la sororité ne rejette pas spécialement les hommes. La sororité c’est s’obliger à côtoyer des femmes ? Non plus.

La sororité n’est pas un élément obligatoire. Ce n’est pas un nouveau mantra qui va vous obliger à devenir pseudo-pote avec des personnes qui n’ont pas les mêmes valeurs que vous et que vous n’avez pas envie de fréquenter. Ce n’est pas non plus le fait de rejeter les hommes en masse, bêtement, avec tout ce qu’ils peuvent apporter de bien comme de moins bien. Pour résumer, c’est se nourrir des parcours et expériences de chacunes et s’entraider face à une réalité désagréable qui se multiplie pour beaucoup d’entre nous.

La sororité, c’est se dire que les freins que nous connaissons, les autres femmes le vivent aussi. C’est s’entraider en ayant conscience de nos facteurs limitants et que ces derniers sont partagés. C’est aussi le fait de pouvoir parler en sécurité de certaines thématiques, de savoir que les autres femmes alentour ont elles aussi conscience de ces éléments, que l’on peut s’aider, s’entraider et progresser ensemble en transformant les éléments négatifs en force commune. La sororité, c’est soutenir et se sentir soutenue. La sororité, c’est comme de l’empathie liée aux défis de la gente féminine.

La sororité… on s’y met ?

Chacune est maîtresse de son choix. Intégrer des éléments de sororité à son quotidien ou non, cela vous regarde. Je pense cependant que le monde sera plus doux si on se serre les coudes. On peut se sentir incomprise en tant que femme : la bonne nouvelle, c’est qu’on n’est pas mal de femmes sur cette planète ! Pourquoi continuer à se morfondre seule alors qu’on peut gérer nos tracas ensemble ?  Allons chercher du soutien là où on pourra en trouver. Trouvez vos alliées, formez votre girl gang (aucun uniforme réglementaire n’est requis) : qu’il s’agisse du club des 6 ou des expertes. Commencez ou continuez à vous unir (pour le meilleur comme pour le pire ?) : on ne rappelle jamais assez la force du collectif. Vous êtes déjà toutes des héroïnes, mais chaque super-femme peut aussi avoir des coups de mous parfois. C’est là que votre girl gang entre en scène ! Enfin, c’est en toute partialité que je vous recommande la sororité.

PS : Mon correcteur orthographique panique à la vue d’autant de féminisation dans mon texte : faites-le revenir à la réalité !

Louisa

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